Production laitière en Thaïlande : défis d’un climat à 35°C
- tcarnavale
- 30 avr.
- 3 min de lecture
En Thaïlande la production laitière est avant tout un combat quotidien contre le climat. Plusieurs mois par an les températures excèdent régulièrement les 35°C avec une hygrométrie saturée. Sous ce climat tropical maintenir une production laitière stable relève d’un véritable défi technique et physiologique puisque la vache laitière n’est pas biologiquement adaptée à ces conditions.

Le stress thermique et l'indice THI
Pour mesurer l'impact réel de la chaleur les experts utilisent l'indice THI qui croise la température et l'humidité. Selon les données de recherche publiées dans la revue scientifique Frontiers in Genetics le stress thermique se déclenche dès que cet indice franchit un seuil critique situé entre 68 et 72. Cette même étude démontre que chaque point de THI au-dessus de ce seuil réduit la production journalière de 0,335 kg pour les vaches à haut rendement.
En saison chaude en Thaïlande le THI dépasse fréquemment 90. À ce niveau l’air est tellement chargé d’eau que la vache ne peut plus évacuer sa propre chaleur par évapotranspiration. Elle entre alors dans un état de stress modéré à sévère avec des conséquences physiologiques immédiates. L’animal réduit son alimentation car la digestion produit une chaleur interne supplémentaire qu'il ne peut plus dissiper. La vache reste debout de manière prolongée pour essayer de capter le moindre courant d'air ce qui provoque un épuisement métabolique rapide.
Une perte de production estimée entre 2 et 4 litres de lait par jour
Les chiffres du terrain confirment la gravité de la situation. Dans les élevages thaïlandais cela se traduit par une baisse de rendement estimée entre 2 et 4 litres de lait par jour dès que le stress devient modéré. Dans les cas les plus extrêmes la chute peut atteindre 7 litres par jour ce qui représente une perte sèche pour l'exploitation.
Ce manque à gagner est d'autant plus critique que la structure du secteur est fragile. Sur les 15 600 fermes que compte le pays la grande majorité sont de petites exploitations familiales de moins de 100 vaches. Avec une moyenne des rendements déjà faible, tournant autour de 14 litres par vache et par jour, les fermiers ne disposent d'aucune marge d'erreur face aux aléas climatiques.
Quatre leviers techniques pour stabiliser la filière
Face à ces contraintes environnementales des solutions innovantes permettent à l’animal de retrouver des conditions favorables pour maintenir sa lactation.
Une génétique adaptée
L'introduction de gènes de races locales dans les troupeaux permet de développer des vaches beaucoup plus résistantes aux fortes chaleurs. Si ces animaux affichent souvent un rendement laitier moins élevé que les pures races européennes ils garantissent une meilleure survie et une régularité de production sur l'année.
L'aménagement des bâtiments
L'installation de systèmes de type EVAP ou le protocole de douchage avec ventilation forcée permettent de refroidir activement les bêtes. Il faut cependant rester vigilant car cette méthode crée une forte humidité au sol qui peut augmenter les risques sanitaires pour le bétail.
Le refroidissement par conduction
Cette technologie utilise des matelas de refroidissement qui entrent en contact direct avec l'animal lorsqu'il est couché. Cela permet de dissiper efficacement sa chaleur corporelle au repos sans saturer l'air en humidité.
La précision alimentaire
Les éleveurs peuvent aussi ajuster les rations avec un régime spécifique et l'utilisation d'additifs. Ces solutions nutritionnelles visent à aider l'organisme de la vache à mieux gérer sa propre thermorégulation interne.
Ces solutions permettent ainsi de transformer une contrainte climatique majeure en une opportunité de croissance durable pour les acteurs misant sur l'efficience technologique.
Date de publication : Mai 2026


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